
Aussi loin que remontent mes cours d’Histoire à l’école, quelque chose a pourtant interpelé la jeune et insouciante élève que j’étais à cette époque : est-ce que les gens du Paléolithique ont eu une quelconque raison de rire et surtout d’être heureux ? Je peux à peine imaginer combien leur vie a dû être rude et terrifiante, si jamais le mot est le plus approprié : quelle sorte de « vie », quand c’était un si grand combat de rester vivant ? Nous ne nous demandons jamais comment ils ont fait pour survivre dans des endroits si hostiles, la peur au ventre, mourant de faim la plupart du temps, parcourant des kilomètres chaque jour pour trouver de quoi manger.
Bon… Plusieurs millions d’années plus tard, leur cadeau est le nôtre à présent. C’est sans doute parce qu’ils ont probablement ri à gorge déployée, appris à faire pousser une sourire dans leur cœur et approché le goût du bonheur que nous pouvons le faire aujourd’hui.
Nous devrions leur être beaucoup plus reconnaissants car nous sommes génétiquement programmés pour ressentir la joie et l’amour. Grâce à eux, le bonheur est gravé dans notre ADN de manière archétypale.
Aurait-on joué de la guitare au Paléolithique ?
Imaginez une tribu de gentils sauvages, ou un genre approchant, vivant dans une contrée austère qui ne porte pas encore de nom. Il y a grand-père, grand-mère, l’oncle AbeilleFolle, tatie ChignonStylé, papa LeCerveau, maman CréativeSurbookée, et leurs trois enfants : PiècedeBois, CielEnsolleillé, LilliLaFeuille. Ils ont trouvé une guitare derrière un gros arbre auquel qui lui non plus, n’a pas encore de nom. Que croyez-vous qu’ils vont faire avec ça ?
Ils chantent. Bon, dans un sens, chanter ne serait pas exactement le terme approprié… ils grognent plutôt de satisfaction : ce truc ne sent pas la viande avariée, c’est joli, un peu étrange et ça émet un son. LilliLaFeuille, la plus jeune de la tribu et aussi la plus intelligente, comprend immédiatement quoi faire avec les cordes et commence à chanter. Les autres, très heureux d’entendre une chose aussi agréable qui pour une fois n’est ni le cri d’un oiseau sur le point d’être plumé vivant, ni un cochon sauvage jurant qu’il n’est pas un cochon, mais un dinosaure excentrique déguisé en cochon, les autres donc (vous suivez ?) s’assoient autour du feu dans la caverne et commence à rouler quelques feuilles d’eucalyptus pour se les fumer. La paix s’installe pour un instant, personne ne veut manger quiconque, et donc la tribu du coin de la caverne peut dormir tranquille. Le voisinage est paisible. Tout est calme. Cet endroit du monde est sans doute le premier signe de civilisation. La musique les rend doucement heureux. Chanter leur permet de ressentir la puissante émotion qu’est la joie. À un moment, tatie ChignonStylé commence à danser (bouger serait plus juste), et un truc nouveau est arrivé : l’endroit branché est né ! Les voisins, réveillés par un son inhabituel, ont frappé à la paroi de la caverne pour danser avec notre gentille tribu. C’est la première surprise partie de tous les temps, ici, dans cette petite caverne avec un feu au milieu et une jolie musique jouée sur une guitare.
Qui a dit que les gens du Paléolithique n’aimaient pas la musique ?
Alors la prochaine fois que votre tribu est sur le point d’exploser, ou que vos voisins sont en colère pour n’importe quelle raison, s’il vous plaît, trouvez une guitare et offrez du bonheur et de la paix à tout le monde autour de vous !
Affectueusement,
Jane