
C’est le lendemain d’un jour spécial, vous savez, l’un de ceux qu’on aimerait oublier pour le restant de sa vie. Néanmoins, il a tout changé à l’intérieur et autour de moi depuis. Alors le moment est venu de faire un bilan.
J’en suis là aujourd’hui, neuf ans après le Big Bang qui a détruit mon âme et ma vie. Je crois vraiment que rien n’est dû au hasard, et je peux dire combien j’ai appris de cette souffrance. Chaque matin, quand je regarde mon visage dans le miroir, j’y vois une femme de classe moyenne et d’âge moyen souriant, alors qu’elle essaie de maquiller sa journée qui commence. Chaque matin que Dieu fait, elle sauve le présent de son passé, épargnant tout ce qu’elle peut : le pouvoir de la vie est si fort et si beau qu’elle ne veut pas perdre une seconde en regrets.
Neuf longues années ont eu raison de mon innocence et j’ai perdu quelques plumes, mais pas ce super et énorme pouvoir intérieur, celui qui sert à lutter, vivre, régler les problèmes, me sentir vivante et debout sur mes deux jambes. En aucune façon, je n’aurais rendu les armes ou cessé le combat : parfois, vivre, c’est juste une partie à jouer contre un adversaire imprévisible : soi-même. Alors on doit le considérer comme son côté obscur et faire avec.
Je sais, aujourd’hui plus que jamais, quel est mon côté obscur pour en avoir payé le prix fort très souvent. La souffrance attire plus de souffrance et semble ne jamais devoir s’arrêter. Mais un jour, je ne sais pas comment, j’ai dit stop. Stop aux gens qui tentaient d’envahir mon mental, ma vie, mais aussi capturaient ma force, mon énergie. Stop à ceux occupés à détruire, aux attitudes négatives, avec un mauvais état d’esprit ou de mauvaises pensées. Stop à ces pensées créées par mon esprit, justes là pour me maintenir faible et dépendante. J’ai dit « non » et je me suis sentie libre. Il était temps d’être la personne que j’avais envie d’être, du moins celle que j’avais abandonnée depuis longtemps. J’ai beaucoup pleuré, beaucoup prié également. J’ai pardonné, et j’ai essayé de comprendre les gens qui m’avaient blessée. Mais à présent, les choses et les gens autour de moi sont différents : j’ai ouvert un nouveau livre avec des situations et des personnes qui me correspondent mieux.
Je suis une combattante, un vainqueur, une femme, une mère, un père, une amie, une fille, une sœur, une bosseuse, etc, mais surtout une rescapée du chagrin. J’aime et j’ai besoin de chacune des femmes que je suis tour à tour tout au long de l’année, à chaque instant, parce que chacune d’elles m’est précieuse. J’ai pris l’habitude de demander de l’aide à mes anges et à mes guides chaque jour, pour tout, et je me sens plus forte que jamais grâce à eux. Et je ne me sens plus jamais seule. L’un d’eux est mon préféré, et continue à me tenir la main quoique je fasse, où que je sois. Il est à présent une âme lumineuse, bonne, belle, rare et aimante ; il est mon guide, mon ami, mon autre moitié ; un ex être humain qui avait l’habitude de me dire « je suis immortel, tu sais, ma chérie ! »
Avec ma tendresse,
Jane